L'histoire d'un nom de plume

  • Le 15/06/2026

À l'origine, il y avait...

Marilyn Stellini.

Un nom exotique, élégant et facilement mémorisable.

Il est devenu mon nom de plume en 2015, lors de la parution de mon premier roman au sein de la maison d'édition Milady. J'étais alors attachée à publier sous ma vraie identité, et malgré son orthographe américaine, Marilyn est bien mon véritable premier prénom. Stellini était mon patronyme d'usage, celui de femme mariée.

Meilleure idée de l'année !!

Car en effet, quelques années plus tard, les aléas de la vie m'ont rattrapée. J'ai vite compris après ma séparation que je ne souhaitais pas continuer à écrire sous le nom de mon ex-mari. Quant à conserver Marilyn en changeant uniquement le nom de famille, ça me semblait encore plus confus. J'avais besoin d'une rupture nette, d'une identité entièrement nouvelle.

J'ai donc construit un nouveau nom de plume à partir de deux éléments qui n'appartenaient qu'à moi : la première partie de mon deuxième prénom composé et la dernière partie de mon nom de jeune fille, lui aussi composé.

Ainsi est née Marie Lyonnet.

Une identité indépendante de mon état civil, que rien ni personne ne pourrait me retirer.

Sur le papier, cela semblait être une excellente décision.

Dans la réalité, le changement a eu un coût, et élevé.

D'abord, j'ai perdu une grande partie de la communauté que j'avais construite sous mon ancien nom. Il faut dire c'était une période particulièrement difficile qui m'a tenue éloignée des réseaux et de la publication pendant un certain temps. Beaucoup de lecteurs m'avaient naturellement déjà perdue de vue, alors... Marie Lyonnet ? Connais pas...

J'ai également dû mettre au pilon mes stocks imprimés avec mon ancien nom de plume. Voir partir des centaines d'exemplaires n'a pas été l'un des moments les plus réjouissants de ma carrière.

Et comme si ça ne suffisait pas, Amazon KDP a considéré que la republication des mêmes textes sous une nouvelle identité constituait du plagiat. Mon compte a été suspendu et tous mes recours rejetés malgré les preuves fournies démontrant que j'étais bien l'autrice originale des ouvrages concernés.

Entre la republication des livres, les nouvelles couvertures, le référencement à reconstruire, les fiches auteurs à recréer et la communication à refaire presque depuis zéro, ce changement m'a demandé énormément d'énergie, de temps et de sacrifices.

Pourtant, avec le recul, je ne regrette rien.

Il a fallu plusieurs années pour que « Marie Lyonnet » trouve sa place. Plusieurs années pour que ce nom devienne naturel aux yeux des lecteurs comme aux miens.

Mais ça en valait la peine.

Un nom de plume n'est pas simplement un pseudonyme qu'on inscrit sur une couverture. C'est une identité profonde. Une seconde peau. Un compagnon de route pour plusieurs décennies.


Si je ne devais donner qu'un seul conseil aux jeunes auteurices, ce serait donc celui-ci : choisissez votre nom de plume avec le plus grand soin.


Assurez-vous qu'il ne pourra pas être remis en question par les circonstances de la vie. Vérifiez qu'il pourra accompagner tous les genres littéraires que vous pourriez avoir envie d'explorer. Et surtout, ne cédez pas trop vite aux effets de mode.

Un nom anglophone, une orthographe volontairement complexe, des initiales mystérieuses ou des sonorités tendance peuvent sembler séduisants sur le moment. Mais dans dix ans, ils risquent de vous enfermer dans une image qui ne vous correspondra plus.

Le bon nom de plume est celui qui traverse le temps.

Il doit être simple sans être banal. Mémorable sans être compliqué. Singulier sans être caricatural. Il doit vous distinguer sans vous enfermer.

Et c'est maintenant le cas pour moi avec Marie Lyonnet.